Établir les attributs ne suffit pas : il faut savoir comment en parler. Le corpus y consacre quatre règles.
L’essentiel
- Les attributs sont réels, ajoutés à l’essence.
- Ils subsistent en son essence, non ailleurs.
- Ils sont tous éternels.
- Les noms dérivés des attributs s’appliquent éternellement ; ceux dérivés des actes se discutent.
Le raisonnement
Règle 1 — Réalité. Dire « Allah est savant » signifie qu’une science réelle est en lui. Les muʿtazilites réduisaient les attributs à des qualifications verbales ; mais ils se contredisaient en admettant une volonté et une parole distinctes. L’argument : « savant » et « celui qui a une science » désignent le même contenu. Concevoir une essence, puis cette essence avec une qualité, c’est bien concevoir une qualité et un qualifié.
Règle 2 — Subsistance. Les attributs subsistent dans l’essence. Une volonté « sans support », ou une parole créée dans un corps inerte, contredit la notion d’Allah. Si une qualité pouvait exister sans support, toutes le pourraient, ce qui est absurde. De là la formule : les attributs ne sont « ni le tout, ni autre que le tout ».
Règle 3 — Éternité. S’ils étaient apparus, Allah serait le support de choses apparues, ce qui est impossible. Trois arguments : tout apparu est possible, or Allah est nécessaire ; un attribut apparu aurait besoin d’un support ; et un être éternel ne peut être le lieu d’événements successifs.
Règle 4 — Les noms. Les noms dérivés des sept attributs valent de toute éternité. Les noms dérivés des actes (Créateur, Pourvoyeur) se rapportent à des objets créés. On classe les noms divins en quatre catégories : ceux qui désignent l’essence seule (l’Existant) ; l’essence plus une négation (l’Ancien, le Permanent, l’Unique, le Riche) ; l’essence plus un attribut ; l’essence plus un acte. Les deux premières valent éternellement.
À ne pas confondre
- Ajouté et séparé : « ajouté à l’essence » ne veut pas dire séparé d’elle.
- Éternel et éternité attribuée : l’éternité n’est pas un attribut surajouté qui serait lui-même éternel.
- Nom d’attribut et nom d’acte : les premiers valent éternellement ; les seconds dépendent d’objets créés.
En résumé
- Quatre règles : réalité, subsistance, éternité, noms.
- Les attributs sont réels et éternels ; Allah n’est pas le lieu des apparus.
- Les noms d’attributs valent éternellement.
Quiz
Répondez à toutes les questions puis vérifiez. Les questions ratées pourront être revues.
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Que signifie dire que les attributs sont « ajoutés à l’essence » ?
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Pourquoi les attributs doivent-ils être éternels ?
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Les noms divins dérivés des actes (Créateur, Pourvoyeur) s’appliquent de toute éternité de la même manière que les noms dérivés des attributs.