Le statut de ces notions
Les réalités de l’au-delà se connaissent par la révélation : la raison peut en établir la possibilité, mais seule la parole divine en détermine l’existence et les détails. C’est pourquoi leur vocabulaire est celui du texte, non de la spéculation.
Ce lexique parcourt le chemin de l’âme après la mort : le séjour intermédiaire, la résurrection et le rassemblement, l’examen, puis les deux demeures et ce qui les accompagne.
Le passage et l’entre-deux
| Français | Arabe | Définition |
|---|---|---|
| Barzakh | برزخ (barzakh) | Voile ou séparation entre deux mondes ; séjour intermédiaire entre la vie d’ici-bas et l’au-delà, où les âmes attendent la résurrection et où commence déjà le sort de chacun. |
| Résurrection | قيامة (qiyāma) | Événement par lequel Allah redonne l’existence aux créatures et les fait comparaître pour le jugement ; il clôt le temps du monde et ouvre celui de la rétribution. |
| Ressuscitation | بعث (baʿth) | Fait de faire sortir les morts de leurs tombes et de leur rendre l’existence ; c’est le mode concret du retour à la vie. |
| Rassemblement | حشر (ḥashr) | Réunion des créatures en un même lieu pour la station du jugement ; chacun y comparut, sans échapper au compte. |
Le barzakh n’est pas un néant : c’est un état réel où l’âme existe après la mort du corps, avant la résurrection. Le baʿth en marque la fin et le ḥashr le rassemblement qui suit.
L’examen
| Français | Arabe | Définition |
|---|---|---|
| Balance | ميزان (mīzān) | Instrument par lequel les œuvres sont pesées et la vérité établie ; la révélation l’atteste et les actes y sont comparés selon leur poids réel. |
| Pont | صراط (ṣirāṭ) | Passage tendu au-dessus du Feu que les créatures franchissent ; les uns passent selon leurs œuvres, les autres trébuchent. |
| Bassin | حوض (ḥawḍ) | Bassin de notre maître Muhammad ﷺ dont l’eau désaltère les croyants à la station ; ceux qui en boivent ne connaîtront plus la soif. |
Ces trois réalités sont rapportées par des voies multiples. Les muʿtazilites en nièrent certaines ; la position ashʿarite est de les accepter dès lors que la révélation les rapporte et que la raison ne les juge pas impossibles.
Les deux demeures
| Français | Arabe | Définition |
|---|---|---|
| Paradis | جنة (janna) | Demeure du bonheur éternel et des délices, étagée en degrés ; son comble est la vision d’Allah, qui surpasse tout plaisir. |
| Enfer | نار (nār) | Demeure du châtiment ; les mécréants y demeurent, tandis que les croyants pécheurs qui n’ont pas été pardonnés peuvent en être retirés par l’intercession et la miséricorde. |
L’éternité du Paradis pour les élus est un dogme ; celle de l’Enfer concerne ceux qui meurent dans le démenti. La distinction entre le pécheur croyant et le mécréant demeure décisive.
Intercession et vision
| Français | Arabe | Définition |
|---|---|---|
| Intercession | شفاعة (shafāʿa) | Demande d’indulgence pour les péchés faite à celui dont le droit a été atteint ; elle profite aux croyants pécheurs, et non à ceux qui sont déjà assurés du Paradis. |
| Vision | رؤية (ruʾya) | Perception d’Allah par les yeux, dans l’au-delà pour les croyants ; elle est réelle, sans assimilation ni ressemblance, contrairement aux muʿtazilites qui la niaient. |
L’intercession dépend de la permission d’Allah, non d’un droit de l’intercesseur ; la vision est un bienfait réservé aux élus et la marque suprême de leur félicité.
À retenir
- L’au-delà se connaît par la révélation ; la raison en admet la possibilité.
- Barzakh sépare les deux mondes ; baʿth et ḥashr inaugurent le jugement.
- Mīzān, ṣirāṭ et ḥawḍ sont attestés par la transmission et acceptés.
- Le Paradis est éternel et son comble est la vision ; le pécheur croyant ne s’identifie pas au mécréant.
- Shafāʿa et ruʾya sont réelles, réglées par la permission d’Allah.