Ce module donne l’outillage logique du parcours. Sans lui, les preuves qui suivent ne seraient que des affirmations.
L’essentiel
Toute connaissance nouvelle se ramène à trois connaissances : deux prémisses et une conclusion qui en découle. La preuve (dalīl) est la mise en relation ordonnée des deux prémisses ; l’examen (naẓar) est l’acte par lequel on les convoque et l’on saisit le lien.
Al-Ghazālī retient trois méthodes :
- Sibr wa taqsīm — circonscrire à des cas, écarter les impossibles, établir le restant.
- Enchaînement de deux prémisses — tout ce qui ne se sépare pas des choses apparues est apparu ; or le monde ne s’en sépare pas ; donc il est apparu.
- Réduction à l’absurde — montrer que la thèse adverse mène à l’impossible.
Le raisonnement
Ces méthodes partagent une même exigence : si l’adversaire accorde les prémisses, il ne peut refuser la conclusion. La force de la preuve vient de là.
Les prémisses elles-mêmes reposent sur les données des sens et les évidences de l’intelligence. On ne prouve jamais à partir de rien.
Le début du texte de base d’al-Nasafī fournit un second outillage, celui du jugement :
- Le vrai (ḥaqq) est le jugement conforme au réel ; il s’applique aux paroles, aux croyances, aux religions.
- Le faux (bāṭil) est son contraire.
- Le savoir consiste à connaître les réalités des choses et à en juger.
- Face aux sophistes — qui nient les réalités ou la possibilité de les connaître — on répond par l’évidence, et par la contrainte : nier toute réalité est encore porter un jugement, donc poser une réalité.
Enfin, les qualifications de beau (ḥasan) et de laid (qabīḥ) sont relationnelles : un acte est beau ou laid selon sa convenance avec une fin et selon les circonstances. C’est pourquoi on ne peut en déduire une obligation absolue qui s’imposerait à Allah.
À ne pas confondre
- Preuve et opinion : la preuve contraint l’esprit ; l’opinion ne fait que pencher.
- Jugement vrai et vérité des choses : le jugement est vrai quand il est conforme au réel.
- Beau/laid et bien/mal moral absolu : les premiers sont relationnels ; la loi révélée détermine les devoirs.
En résumé
- Toute preuve : deux prémisses, une conclusion.
- Trois méthodes : division, enchaînement, réduction à l’absurde.
- Le jugement est vrai s’il est conforme au réel.
- Beau et laid sont relationnels ; les devoirs viennent de la révélation.
- Circonscrire à des cas
- Écarter les impossibles
- Établir le restant
- Prémisse 1
- Prémisse 2
- Conclusion nécessaire
- Thèse adverse
- Elle mène à l’impossible
- Donc elle est impossible
Quiz
Répondez à toutes les questions puis vérifiez. Les questions ratées pourront être revues.
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Associez chaque méthode de preuve à sa description.
Sibr wa taqsīmEnchaînement de prémissesRéduction à l’absurde -
Selon al-Ghazālī, toute connaissance nouvelle se ramène à :
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Le beau (ḥasan) et le laid (qabīḥ) sont, pour les ashʿarites, des qualités absolues connaissables par la raison seule.
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Quel est le sens de « wājib » (obligatoire) retenu par les ashʿarites dans ce contexte ?